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«««     1930     »»»

±± Année des 16 ans, de la suite du séjour au pensionnat Saint-Louis à Genève.

Manuel du Chrétien offert par sa marraine H. Magnenat, dédicacé « à mon bien cher Georges / Janvier 1930 ».

8 janvier. Lettre à sa mère de Saint-Louis. « Tout d’abord merci mille fois merci pour toutes les gâteries, sutout les fruits, moi qui les aime tant ; j’ai profité pour manger les mandarines au lit c’était excellent Comme tu es bonne maman tu penses toujours à faire plaisir à ton fils ; c’est pourquoi de mon côté il est bon que je te fasse plaisir ; merci encore beaucoup pour l’argent. Mes camarades m’ont dit que j’avais reçu […] un jardin d’Espagne en parlant des fruits. […] Ton livre Rome est splendide ; tu n’aurais pas [pu trouver] mieux ; pour l’année prochaine comme cadeau de Nouvel-An je te demanderai dans la même collection « Au pays de Saint François d’Assise ». Merci, je suis si content et mes livres sont instructifs et beaux. »

11 janvier. Lettre d’Hélène Magnenat à Ida Gavillet. « Je pense que vous avez des nouvelles de Georges ; il est bien rentré, plein de courage pour recommencer l’école. » 13 janvier. Lettre d’Hélène Magnenat de La Vaux à Ida Gavillet. « Puisque Georges est venu hier il ne viendra donc pas avant le 25 I [janvier.] J’espère que vous pourrez venir. […] Il sera content de vous trouver là. A moins que vous ne préfériez ceci pour une fois il pourrait peut-être le faire : prendre le direct jusqu’à Lausanne où il vous arriverait vers 5h. je crois ou plus tard et il pourrait reprendre le train de 9h. ainsi vous l’auriez davantage de temps et plus à vous quoique je vous promets de vous laisser seule avec lui si vous venez ici. […] Il va très bien votre fils et se donne bien de la peine. Il étudie avec plaisir. Sa santé est bonne et il est tout joyeux. Nous avons passé un bon dimanche et sommes toujours heureux de nous retrouver un moment. » 22 janvier. Lettre à sa mère de Saint-Louis. « Je me plais bien à Saint Louis c’est un rêve […]. Ma marraine me disait que voudrais savoir le numéro de mes chaussures. Prends du 38 ou 39 afin que je puisse essayer. »

Fin juin – début juillet. Fin de la première année au pensionnat Saint-Louis. Obtient le certificat pour cette année avec une moyenne très honorable de 7,64/10 ainsi que le Prix de composition française. 27 juillet. 16 ans.

5 août. Lettre à sa mère de La Vaux. « Voici enfin tes photos ; je ne les ai pas coupées dans les bords ne sachant pas comment tu les désires. Le tein est différent à chacune je n’ai pas encore assez d’expérience. Si tu veux m’en faire copier encore tu n’as qu’a me les envoyer. Madame Magnénat te remercie beaucoup pour ta lettre et tout ce que tu donnes pour la vente. Je me réjouis d’y aller et de dépenser mes petits sous. Il pleut toujours et je ne sais où aller. Je ne viendrai pas cette semaine mais l’autre car le temps est mauvais et tu as déjà assez d’ouvrage à la maison avec l’Oncle Paul. Comment va-t-il, je pense bien à lui. Je vais donc à St Maurice le 28 août. Je me réjouis beaucoup. Merci beaucoup pour tout ce que tu fais pour moi. Est-ce que le gramo est réparé ! Viens-toi si tu peux la semaine prochaine, ça nous fe[...]rait bien plaisir. / Je t’embrasse comme je t’aime / Georges » Même jour. Lettre d’Hélène Magnenat à Ida Gavillet envoyée avec la précédente. « Quel vilain temps nous avons ! Mais Georges ne s’ennuie pas il s’occupe, il lit et trouve toujours à se distraire. »

6 septembre. Lettre de Frère Porion. « La Valsainte, le 6 septembre 1930 / Mon très-cher enfant et frère, / Vous savez que les Chartreux sont voués au Silence. C’est dans le Silence que nous entendons Dieu. Nous ne correspondons jamais par lettres, d’une façon suivie, fût-ce avec des âmes très-chères, et très-aimées de Dieu, comme la vôtre. / Néanmoins, pour cette fois, je vous répondrai. Vous me faites de la peine, et cela n’est rien : Mais vous en faites à Notre-Seigneur. Et vous risquez de gaspiller ce monde de grâces merveilleuses que vous avez reçues. / Si vous ne voulez pas tomber dans la plus affreuse médiocrité, et y demeurer, il faut savoir croire et aimer. Or, la Foi et l’Amour vivent de sacrifice. Il faut apprendre à demeurer fidèle, indifférent aux états agréables ou désagréables – attentif seulement à vivre selon l’Esprit de Jésus et de Marie. Je connais des âmes qui sont toujours dans ce que vous appelez la sécheresse, et qui ne voudraient pas en sortir, parcequ’elles [sic] savent bien que c’est en étant généreuses et fidèles dans cet état, qu’elles aiment d’un amour pur et profond. / Votre vie peut être si belle, et votre âme est si gracieuse – c’est justement pour cela que je souffre de voir comme vous êtes verssatile et inconstant – oui : lâche, c’est parceque [sic] je vous aime que je vous le dis. / Celui qui ne veut jamais ni saigner, ni souffrir, ni mourir, mais continuer son petit train de vie bourgeoise, et l’écoeurante comédie des conventions sociales et sentimentales – qu’il garde sa tranquillité : il ne connaîtra jamais la vraie joie. / Je suis brutal. Mais il était nécessaire que ces choses vous fussent dites. D’autre part, Madame votre Marraine est assez douce avec vous pour que je puisse, sans crainte de vous faire perdre l’équilibre, jouer le rôle opposé. – Vous me demandez de vous dire nettement ce que je pense qu’il faut faire. Je vous conseille donc d’être tout-à-fait franc et ouvert avec votre marraine. Il n’y a que la vérité qui est divine. Le reste, c’est dégoûtant. / Je vous en supplie, essayez de faire quelques sacrifices, et quelques actes de mépris de vous-même. Traversez, les yeux fermés, le Buisson d’Epines, et vous trouverez la Clairière du Ciel. Un jour, vous verrez Dieu. Quand on voit clairement que Dieu est tout, alors on ne regrette pas d’avoir beaucoup lutté – mais d’abord il faut se jeter en Dieu, se résigner à n’avoir plus que Dieu. / Je réponds à votre seconde question. Si je suis vraiment le seul à pouvoir donner ce conseil à Madame votre Marraine, je lui répondrai volontiers. Mais je n’écrirai pas davantage, naturellement : l’esprit de l’Ordre nous l’interdit. / N’ayez pas trop de chagrin que je vous gronde si fort : j’ai quand même très-grande confiance dans la destinée de votre âme. Mais il faut lutter passionnément – jusqu’à ce qu’enfin nous ayons trouvé Dieu, et que le monde n’ait plus d’importance ni de poids dans nos mains délivrées. / Je vous remercie de ces trois livres que je lirai et ferai lire. C’est très gentil de votre part de me les avoir envoyés. / Jacques Maritain est très-gentil, en effet. Je crois que c’est un homme intérieur. Soyez intérieur. Ce que j’appelle ainsi – être intérieur – c’est ceci : s’efforcer de faire tout ce que l’on fait par amour de Dieu – et pour cela, demeurer autant que possible dans cette grande pensée : que Dieu est en nous, et qu’Il est tout. (Alors nous saurons respecter passionnément ce Temple que nnous sommes.) – Il faut toujours avoir sur les lèvres ces paroles (ou d’analogues) – quand la tentation survient – Mon Dieu, plutôt mourir que de vous offenser – et quand un sacrifice se présente (une souffrance, une contrariété, un ennui) : mon Dieu, j’accepte ceci, je veux faire ceci par amour pour vous. Si l’on est fidèle à cet effort si simple de l’esprit et du cœur, on voit s’ouvrir dès ici-bas les Secrets de la Reine et les Trésors du Roi. / Ne m’en veuillez pas de ma brutalité. Croyez, par dessus tout, à l’amour de Dieu, et n’ayez peur de Rien, car tout ce qui n’est pas Dieu, c’est un songe. / Demeurons unis dans la paix de Dieu / Fr. Jean-Baptiste M. Porion »

Vers le 15 septembre. Rentrée au pensionnat Saint-Louis.

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