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«««     1934     »»»

±± Année des 20 ans, de la rupture avec sa vocation monastique en avril et de sa première période de travail en institution au collège Beau-Soleil de Villars-sur-Ollon (canton de Vaud), où il fera la connaissance de l’élève Christian de Liedekerke Beaufort dont il sera le précepteur pendant l’été 1936 (expérience qui servira de base à l’intrigue du Voyage à l’étranger publié 38 ans après).

Au dos d'un portrait de 1934, Georges Borgeaud a écrit : « C’est fou ce que je ressemble à ma mère ! C’est fou ce que ma mère ressemble à moi ! C’est ennuyeux, peut être, que je ressemble à ma mère ! C’est ennuyeux, peut être, que ma mère ressemble à moi ! C’est navrant que l’on sache tous les deux que l’on se ressemble. C’est désagréable que nous le sachions ensemble ! C’est gênant que je ne l’aie pas su le premier ! Mais peut être que je le sais aussi bien, tout seul. Peut être que cela n’est important qu’à mes yeux. Je n’aime pas ressembler à quelqu’un ! Ma mère doit être heureuse de ressembler à quelqu’un. Elle a besoin d’un appui. »

2 février. Lettre à sa mère. « N’aurais-tu pas parmi tes affaires un vieux rasoir Gillette parce qu’il est grand temps que je commence à me couper la barbe... » 10 février. Lettre à sa mère. « Les évènements de Paris sont tragiques, [émeute et coup de force du 6 février devant l’Assemblée Nationale par des partisans d’extrême droite, s’étant soldée par 16 morts chez les manifestants] mais la révolution n’est-elle pas nécessaire quand on voit combien ceux qui sont à la tête sont indignes de notre confiance et farcis de lieux communs ! Je suis aussi effrayé à la pensée de la marche du monde. La confiance n’a plus qu’à se tourner vers les jeunes qui sommes écœurés de la dégoûtante et répugnante sagesse des vieillards. Belle blague ! auquelle je ne crois plus. […] Mets-moi au courant aussi si tu le peux des nouveaux romans que fera paraître C. F Ramuz ? […] Tâche aussi de savoir si “Les souvenirs sur IGOR STRAWINSKI ont paru, écrits aussi par Ramuz ? / Ici Ramuz n’est guère connu et par conséquent je reste assez en dehors de sa production qui pourtant m’intéresse beaucoup. Et je ne veux pas abandonner un auteur que j’aime si fortement que lui, la seule grande gloire de la suisse romande en poèsie. » 21 février. Lettre à sa mère. « Je vais bien, très bien. Je te parlerai dans ma prochaine lettre de la fête pour l’élection du nouveau roi. Après la pluie, le soleil. La tristesse dans de pareilles occasions passe vite pour la joie à tout casser. Tu verras. » 22 février. Lettre à sa mère. « Je pense aller à Anvers ou à Paris pendant les vacances de Pâques, si toutefois il n’arrive pas d’autres évènements. J’attends des directives de Monseigneur Mariétan. Je te mettrai au courant de suite si jamais les circonstances changent la direction de ma vie. On n’en sait rien, surtout qu’il faut être très sincère vis à vis de Mgr Mariétan et ne pas en profiter. Ne te fais pas de souci, avant que les décisions ne s’affirment. […] constatant que la direction du pays [Suisse] est confiée à des nouilles diplomatiques et bourgeoises. » Même jour. Lettre du recteur de l’école claustrale à Ida Gavillet. « Je suis heureux de vous dire que votre fils nous donne satisfaction et qu’il semble bien se plaire dans son nouveau milieu. »

Séjour à Paris. Dédicace de Michel Seuphor de son livre Lecture élémentaire datée « Paris février 1934 ».

11 mars. Lettre de Frère Porion. « Détruisez cette lettre, si vous voulez être sûr que votre démarche restera inconnue. / Très cher ami, / J’attendais, ou plutôt je craignais votre étrange lettre, et m’étonnais presque qu’elle ne fût pas venue plus tôt. / Vous savez à quelles sévères restrictions est soumise la correspondance d’un Chartreux : je suis donc obligé d’être bref. / 1°) Il m’est arrivé, et il m’arrive encore, de chercher à caser des sujets, par Levaux ou Fumet notamment : jusqu’ici ç’a toujours été avec un parfait insuccès. –Lorsqu’il s’agit d’un sujet suisse et sans diplômes, ni aucune capacité spéciale : il faudrait un miracle. Si le miracle se produisait, je vs en préviendrais. / 2°) Mais je vous conseille, dans le plus grand esprit d’amitié, et le plus instamment que je puis, de rester à St André. / Votre orthographe s’est améliorée, c’est déja quelque chose. – Mais vous pouvez être quand même certain que si vs sortez maintenant de St A., sans aucune garantie, vous êtes sur le pavé pour le restant de vos jours. C’est la plus grande bêtise que vs puissiez faire. Il faut y rester au moins quelques années, sagement, et en bons termes avec le milieu. / et enfin 3°) il faut à tout prix apprendre à supporter, calmement et en souriant, l’inévitable différence de ton entre vous et les autres. Vous la retrouverez partout, cette différence. / Il faut vivre en Dieu, dans un esprit de patience et de sérénité. C’est lui ce qui vous manque. Le reste, c’est l’écureuil qui tourne sa cage. Ça ne conduit absolument à rien. / Je ne vous demande pas pardon de ma rude franchise. C’est l’expression de mon amitié. Pour le reste, votre lettre, c-à-d son caractère “business” ne m’a pas peiné. Mais m’a bien un peu gêné le fait que vs me donnez une fausse adresse. / Soyez sage, je vs en supplie, et restez. A vous ds la paix de Dieu. » 26 mars. Lettre à sa mère. « D’après ma dernière lettre, tu pouvais sentir que quelque évènement important se travaillait. Et bien voilà : Monseigneur Mariétan m’avait envoyé à Lophem pour que j’aie le bienfait de toucher une famille bénédictine de près et pour juger si j’avais les capacités suffisantes, intellectuelle et surtout spirituelles, pour un tel genre de vie. Grâce à sa bonté, j’ai pu venir à l’école claustrale qui forme justement les jeunes à la prêtrise, mais avec reflèxion [sic] et prises de conseil, je m’aperçois que je ne suis pas fait pour cette vie et mes amis aussi me le confirment. Alors je ne pourrai faire durer une position fausse dans une maison où l’on prépare spécialement ceux qui peuvent devenir moine. […] Je suis venu ici pour une raison de vie intèrieure, [sic] intime et non pour continuer à bon marché sur le dos des gens mes études. […] j’ai averti Monseigneur Mariétan […] et il me propose de me trouver du travail soit dans l’enseignement soit comme précepteur. / Donc une ou deux semaines après Pâques je rentrerai en Suisse et me réfugierai chez un ami ; je ne sais pas encore lequel exactement : il y en a trop qui me l’offre. Je t’avertirai de mon arrivée à Genève ou à Lausanne ou à Bex Martigny, je ne sais pas encore. Et de là je chercherais activement du travail si les démarches de Monseigneur n’aboutissent pas, mais je crois qu’elles seront sûres. Dans tous les cas je ne traînerai pas dans l’inactivité comme à Genève, maintenant que ma voie est sûre, j’irai plus directement. Et sois sûre que je ne te serai pas à charge pour rien : mon voyage me sera payé, l’ami me prendra pour rien lui aussi évidemment. Je me rappelle trop bien tes paroles le soir de mon départ [cf lettre du 28.10.33] et je t’assure que j’en tiens compte. Du reste il serait vraiment injuste qu’à 20 ans et surtout dans l’état de faillite où vous êtes, que je vous demande de m’aider. […] Je te plains pauvre maman qui doit encore supporter toutes sortes de maladies : maux de tête, sinusite. / J’attends une réponse de toi qui ne sera pas trop ennuyée de ce qui m’arrive. Tu sais bien que je n’étais pas venu ici pour apprendre un métier, me perfectionner en études, mais pour obéir à des appels intèrieurs [sic] qui me poussaient à choisir la vie monastique. Et l’on ne peut pas rentrer ici sans y avoir reçu une grâce surhumaine ; l’affaire n’est pas humaine. » 27 mars. Lettre de sa mère à Monseigneur Mariétan. « Monseigneur ! / C’est avec une bien désagréable surprise que je reçois une lettre où mon fils Georges Borgeaud m’annonce qu’il va quitter l’école claustrale de Lophem-les-Bruges ou j’avais été si heureuse de le voir entrer grâce à votre appui et votre dévouement. Georges me dit qu’il prends “lui-même” cette décision car il n’est plus sûr de sa vocation pour la vie monacale. Je ne sais qu’en penser car je lui avais auparavant, souvent demandé de bien réfléchir et de ne pas s’engager dans cette voie sans être sûr de lui. Or ce revirement est si brusque que j’en suis des plus surprise et peinée. Je souhaite tout de même que s’il à [sic] réellement pris de son chef cette décision, c’est par franchise, ce qui évidemment est louable. / Excusez-moi de vous faire ainsi part de mes soucis, mais je m’adresse à vous, qui avez été si bon pour Georges, qui lui vous voue tout son respect et son admiration, dans l’espoir, que peut-être, il vous sera possible de m’éclairer sur cette subite décision et ses raisons. / Veuillez m’excuser encore et recevoir, Monseigneur, mes très respectueuses salutations. / I. Gavillet »

Avril. Dernière lettre à sa mère de Lophem-lez-Bruges. « J’ai été vraiment étonné que tu prennes si au tragique ma décision de quitter l’abbaye de St André. J’ai cru que au contraire, tu devais être heureuse que j’obtienne par mes expériences le minimum de bonheur qu’il m’est dû. Pense qu’il n’est impossible d’embrasser une carrière qui ne me convient pas, au risque d’être toute sa vie agité et mécontent. On exprime une telle situation par le mot “raté”. […] Donc je rentre en Suisse prochainement et beaucoup d’amis sont à la chasse des places. A Bruxelles où je m’arrêterai une journée, j’irai voir certaines personnalités dans cette intention, ainsi qu’à Paris où je stationnerai une dizaine de jours. […] Je sais qu’à mon âge tu gagnais déjà seule ta vie, mais tu n’as guère été gâtée comme moi et guère heureuse. Il n’est pas souhaitable que tout le monde passe par une vie de souffrances comme la tienne. » 9 avril. Deux photos de Georges Borgeaud sur la plage de Knocke-le-Zoute sont datées de ce jour-là. 17 avril. Carte d’Edmond Humeau. « Tu me dis que tu avertiras par carte de l’horaire du jour et de l’arrivée. Nous n’avons rien reçu encore au courrier d’aujourd’hui. » 24 avril.Lettre à sa mère de Genève. « Tante Cécile me dit que l’oncle Paul vient chaque lundi (?) et jeudi à Genève en bateau et qu’il repart le soir vers 5-6 heure. Si c’est le cas, il me semble que je pourrais profiter de cette aubaine pour venir à Lausanne jeudi soir de cette semaine puisque l’abbé Heimgartner m’attend le samedi [à Bex] et que le samedi après midi je dois aller à Rivaz chez Alberto Sartoris à qui je pourrai parler pour mon travail peut être. »

1er juin. Lettre de Jean-Louis de Chastonay adressée à « Georges Borgeaud / Clinique Mon-Repos / Mt Pélerin / sur Vevey ».

27 juillet. 20 ans. Se trouve à Crans-sur-Sierre, a pour adresse l’hôtel du Pas-de-l’Ours, rend visite à Paul Voutaz et Jean-Louis de Chastonay (à Vercorin, à 25 km de Crans). Dans la revue Écriture n° 11, une photo de ce jour est ainsi légendée : « Le jour de ses 20 ans, le 27 juillet 1934, à Crans-sur-Sierre. » Dans une lettre à Pierre-Olivier Walzer du 25.07.94, GB écrit : « Quant à la photo de mes vingt ans, je pensais à celle qui avait été prise à Crans / Sierre précisément le 27 juillet 1934. Mme Bonvin directrice de l’hôtel du golf et la demi sœur de Nathalie Sarraute qui vivait à Lausanne, m’avaient offert un bouquet et l’édition originale (Adrienne Monnier) de l’Ulysse de Joyce. Je suis resplendissant sur cette photo dans cet âge fugitif, même joli garçon. » Sur une photo de ce jour, Georges Borgeaud a écrit : « Je vivais au Pas de l’Ours, chez Paul Voutaz et j’étais venu fêter mes vingt ans à l’hôtel du Golf, entouré de Mme Lucy Bonvin, de Josée Michiely, de Sonia et Lily Berenstein beau frère et demi-sœur de Nathalie Sarraute. Dans le paquet, sous le bras, l’Ulysse de James Joyce et les Fleurs du Mal, le premier en édition originale (vendue plus tard) les secondes dans les éditions de Cluny ». L’Hôtel du Golf existe encore et s'appelle aujourd’hui le Grand Hôtel du Golf. 28 juillet. Lettre à sa mère de Crans-sur-Sierre, hôtel du Pas-de-l’ours. « Ma chère Maman, / J’avais chargé Tante Cécile de te donner de mes nouvelles puisque je lui écrivais. Ayant appris par René qu’elle ne se chargeait pas de faire mes commissions – si je peux croire René ??? car je pense qu’il me tend un piège – on me dit que tu es dans l’angoisse, ce qui se comprend ! […] Maintenant tu me diras qu’il valait mieux t’écrire directement : je ne l’ai pas fait parce que toi-même tu ne m’as pas expliqué pourquoi tu ne tenais pas à me revoir à ma rentrée de Belgique. Au lieu de m’appeler moi-même au téléphone, tu as chargé Tante Cécile de me mettre au courant de ta décision. […] Sais-tu que j’ai reçu pour une cinquantaine de fraincs de bouquins et un goûter magnifique à l’hôtel du Golf. Je te raconterai cela. Je ne savais pas que c’était si important d’avoir 20 ans. / Le plus grand plaisir que je peux te faire est de te dire que j’aurai prochainement une place – ayant abandonné la place de portier dans une clinique il y a 2 mois – comme précepteur à Villars-sur-Ollon. J’enseignerai les mathématiques, le français. […] Je suis chez un ami : Paul Voutaz depuis 2 mois. »

Août. Engagé à Villars-sur-Ollon (sur le territoire de Vaud jouxtant le Valais), à l’institution pour enfants “Beau Soleil”, « Fondé en 1910 Reconstruit en 1930 » (sic, sur papier à en-tête), aujourd’hui “Collège Alpin Beau Soleil, institut mixte pour jeunes gens”, dont la philosophie est de dispenser un enseignement de très haute qualité. 10 août. Lettre à sa mère de Crans-sur-Sierre. Annonce la réponse affirmative de Beau-Soleil. « Je vais partir prochainement afin d’arriver à Beau-Soleil avant le 15 août. Mme Voutaz arrangera un peu mon linge. » 18 août. Lettre de Jean-Louis de Chastonay évoquant la visite de GB et les liens très forts qui les unissent. 23 août. Lettre à sa mère de Villars-sur-Ollon. « Ma chère Maman, me voici professeur à Villars dans l’institut le plus chic qui puisse exister : les enfants payent 600 francs par moi. J’ai dû partir de Crans-sur-Sierre aussi rapidement qu’une lettre. Et je viens d’arriver aujourd’hui, ayant commencé un petit peu à surveiller et faire la classe. […] Je travaille avec 6 professeurs dont 3 sont des anciens camarades de classe à St Maurice. […] Je suis professeur de petits enfants parmi lesquels se trouve un neveu du roi des Belges. » 29 août. Lettre à sa mère de Villars-sur-Ollon. « … je me plais ici, je n’attends plus que Monsieur Terrier me confie une classe pour l’année. Maintenant je travaille un peu partout car nous sommes en vacances et les classes ne sont guère sérieuses. / C’est très gentil de ta part de me proposer d’acheter quelque chose pour moi. Car en effet j’aurai besoin de quelques vêtements car évidemment ici on exige que nous soyons chiquement habillés. […] Je t’écris en classe, sur l’imposant pupitre du professeur. Il y a 22 mioches qui ne bronchent pas. »

1er septembre. Lettre à sa mère de Villars-sur-Ollon. « Je viens de recevoir ce matin les souliers et hier les chemises avec les cravates et une paire de chaussettes ; dans l’enveloppe les 12 francs. […] Je me plais beaucoup ici. Il faut bien apprendre la patience et savoir crier pour se faire entendre : certains soirs j’ai la gorge voilée pour tous les cris du jour. Le premier mois je gagne 60 francs par mois nourri, blanchi et logé. Et quant à la nourriture je crois n’avoir jamais eu autant d’appètit car les menus sont extras. Nous mangeons avec les élèves pour pouvoir les surveiller. Nous les servons et rationnons. Ils ne doivent jamais refuser la nourriture qu’on leur donne. J’essaye d’avoir le plus d’autorité possible, mais il est très difficile de s’imposer quand on paraît si jeune et si enfant. / Je t’envoie 2 cartes postales et je tâcherai de me procurer le catalogue. Je suis obligé d’abandonner cette lettre, mais je dois corriger une dizaine de cahiers, prendre un bain, écrire à mon ami de Sicile. Lucien Picker te salue, moi je vous embrasse affectueusement. » 15 septembre. Lettre à sa mère de Villars-sur-Ollon. « J’ai reçu de Tante Cécile ma bibliothèque, je suis très heureux d’avoir à ma disposition tous ces livres que j’aime. »

6 octobre. Lettre à sa mère de Villars-sur-Ollon. 9 octobre. Lettre à sa mère de Villars-sur-Ollon. « J’ai le neveu de Leopold III, le Prince Philippe de Croy, mais il n’est pas plus intelligent pour cela. » 17 octobre. Lettre à sa mère de Villars-sur-Ollon. 29 octobre. Deux lettres à sa mère de Villars-sur-Ollon. Dans la première : « J’ai appris indirectement que Monsieur Terrier est content de mes services ! […] Je suis descendu hier à St Maurice ; les chanoines ont tous trouvé que j’engraissais à Beau-Soleil. Le travail devient plus sérieux de jour en jour. » Dans la deuxième : « Je reçois pour les vacances de Noël 2 invitations : une pour Crans-sur-Sierre, une pour Paris et des élèves je reçois chaque jour des invitations. […] Je viens donc le 17 ; je me réjouis beaucoup. Jusqu’à Montreux je bénéficie d’une réduction comme militaire. A propos je n’ai pas encore reçu mon livret de service. »

5 novembre. Lettre de la direction du pensionnat de l’abbaye de Saint-Maurice à GB, disant de ne pas se faire de souci pour la facture en suspens. 6 novembre. Lettre à sa mère de Villars-sur-Ollon. « Tu as raison : c’est bête de vouloir aller passer mes vacances à Coppoz mais j’aurai voulu revoir les lieux où j’ai passé une partie de mon enfance. […] Peut-être qu’à Noël, je serai chargé d’aller raccompagner les enfants pour les vacances jusqu’à Paris. » 19 novembre. Visite sanitaire militaire à Montreux : « 169 cm. Thorax : 78 cm. Bras : 21 cm. Cou : 39 cm. 56 kg. »

7 décembre. Lettre à sa mère de Villars-sur-Ollon. « Ce n’est pas moi qui irai à Paris avec les gosses. […] Les patrons sont partis à Genève ce soir ; dans toute la maison, des élèves aux domestiques, règne un désordre assez caractéristique. Les élèves n’obéissent plus ; j’entends de ma chambre qui donne sur la salle de jeux les beuglées de mes collègues. Il vaut mieux poser une flegme [?] dans son lit, obeissant à l’ordre de la patronne qui a dit aux gardes malades "Soignez-le comme s’il était malade" pour prévenir la maladie. Ma gorge est devenue rouge par la suggestion. »

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