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«««     1935     »»»

±± Année des 21 ans, de la mort de Paul Voutaz en juillet, du premier préceptorat en Belgique pendant l’été dans la famille Graeffe, du réengagement en septembre à Villars-sur-Ollon.

17 janvier. Lettre à sa mère de Villars-sur-Ollon. Le contenu de la lettre indique que GB a été d’abord engagé comme “surveillant” des petits avant de donner des cours. « Sais-tu déjà que j’ai été chargé de classe pour deux après-midi ; au lieu d’être toujours avec les petits, le patron m’a donné quelques leçons de sciences naturelles en 6ème et 7ème. » 24 janvier. Lettre à sa mère. « Si une affaire que je suis en train de combiner peut marcher, je pourrais t’aider plus facilement : il s’agirait de donner quelques heures par semaines de leçons particulières à des enfants retardés, payées 4 à 5 francs l’heure. »

7 février. Lettre à sa mère. « Voilà la réponse de St Maurice. Je vais donc tacher d’envoyer quelques petits acomptes le mois prochain ; du reste ne te fais pas de souci, Mr Monney est très patient. […] la vie est singulièrement monotone au-dehors, très belle en secret.»

Mars.
Villars-sur-Ollon.

12 avril. Lettre à sa mère de Villars-sur-Ollon. « J’éspère aller chercher les enfants à Paris le mercredi 24 avril. Si c’est à moi qu’incombe cette heureuse corvée (?), je partirais pour Paris jeudi prochain et y passerais mes vacances. » 30 avril. Lettre à sa mère de Villars-sur-Ollon. « Pardon pour ne pas t’avoir écrit plus souvent de Paris mais je t’assure que je n’ai écrit à personne d’autre[...] qu’à toi et tante Cécile. Paris nous prend et il ne faut que se laisser aller au mouvement. Que serai-je si je devais y vivre. […] Les enfants m’ont tous dit que "ma mère était jolie et paraissait très jeune !" […] A Dijon j’ai surpris un groupe qui avait fermé les rideaux et allumé la veilleuse pour fumer tranquillement. J’ai grondé un peu, mais je me suis surtout occupé de trouver des bonbons à la menthe pour que quand ils embrassent leurs parents, l’odeur ne se remarque pas. Mais le comble c’est qu’au retour le professeur qui les accompagnait m’a dit que des parents avaient devant lui offert à leurs gosses de 14 ans des paquets de cigarettes pour fumer dans le train. Il est très probable que je retourne les amener en juillet. Il faudra que tu taches de trouver du temps pour assister à la distribution des prix qui aura lieu le 12 juillet. / A Paris j’ai vu tous mes amis et suis allé au cinéma de la Madeleine voir Sequoia avec des parents d’élève et avec la gouvernante qui m’accompagnait nous sommes allés à Chartres d’où je t’ai envoyé la carte mise à la poste à Paris. / J’ai acheté 2 disques de Jazz-band très bon. »

11 mai.
Lettre à sa mère de Villars-sur-Ollon. « Dimanche 19 mai, je serai à Crans-sur-Sierre chez mon ami Voutaz et je viendrai la quinzaine après s’il n’y a pas de changement et d’empêchement. […] J’aurai besoin pour cet été d’un nouveau costume aussi je me demande si je ne le ferai pas faire par le tailleur Leroy dont la fille est secrètaire ici. Elle m’a dit qu’on me taillait un habit pour 80 à 90 francs sur mesures. Je le prendrai brun. C’est une couleur qui me va puisque je suis bronzé. » 17 mai. Lettre à sa mère de Villars-sur-Ollon. « Depuis que les patrons sont loins, nous avons une vie très agréable sans contrainte. […] Je viendrai à Lausanne dans 15 jours, j’éspère. »

6, 17 et 19 juin. Lettres et carte postale à sa mère de Villars-sur-Ollon. 27 juin. Lettre à sa mère de Villars-sur-Ollon. « J’ai reçu une réponse négative pour ma place cet été en Belgique. Je m’y attendais pas trop, mais je comprends la mère de l’élève qui ayant insisté auprès de moi pour que j’accepte le poste de précepteur et devant mes réponses évasives, elle s’est découragée et a cru que je n’y tenais pas du tout. » Mais il obtiendra tout de même une place de précepteur en Belgique. Dans cette même lettre du 27 juin : « Je ne sais vraiment pas comment je pourrais faire sans toit […] ».

8 juillet. Se trouve encore à Villars-sur-Ollon. 10 juillet. Est à Crans-sur-Sierre où son ami Paul Voutaz meurt. GB est à son chevet et reste encore quelques jours à Crans-sur-Sierre. 14 juillet. Date de la photo d'une promenade en montagne en Suisse. 18 juillet. Arrivée à Bruxelles. 19 juillet. Lettre à sa mère de Bruxelles. « Je vais partir pour l’Exposition. Mon amie à qui j’ai téléphoné m’a trouvé une leçon à donner au bord de la mer ». 22 juillet. Lettre à sa mère. « ... une amie belge m’a trouvé une place comme précepteur au bord de la mer, je ne sais pas encore où, pour tout le mois d’août. […] Je me mets au point pour travailler avec ce nouveau garçon dont je ne connais pas encore le nom mais seulement ses 13 ans. / Je suis allé à l’exposition universelle, c’est très bien, mais je t’en reparlerai. »


4 ou 5 août
. Lettre à sa mère de « Westende-sur-mer / Digue de mer, villa Neptune, (Flandre) ». « Me voilà à la mer depuis hier, chez M. Graeffe. J’y ai été reçu très cordialement, car ces gens connaissent Villars et Beau-Soleil qu’ils admirent avec enthousiasme. […] Je reste ici jusqu’au 31 août. Après je mettrai les voiles sur Paris. » 7 août. Carte postale à sa mère de Westende. Reproduction de la carte postale. « Voilà où j’habite, ma fenêtre encadrée signifie ma chambre qui donne sur la mer. » 8 août. Carte postale à sa mère de Canterbury. GB fait la traversée avec les Graeffe. Ce voyage a probablement pour cause la visite de la grand-mère des enfants Graeffe (mère de leur père Paul), qui habitait avec sa plus jeune fille à Colchester en Essex. (Information transmise par M. Alan Leach.) 11 août. Lettre à sa mère de Westende-sur-mer. « ... l’enfant paraît être heureux avec moi et de bien travailler. […] La comtesse de Liedekerke Beaufort m’a récrit et aurait désiré que je vienne passer le reste de mes vacances avec son enfant parce qu’il paraît qu’il ne travaille pas du tout avec cet étudiant de Cambridge. Mais comme je devais venir à Westende j’ai refusé et je crois que je préfère cette place actuelle. » 23 août. Lettre d’Edmond Humeau. « Les vacances, elles sont bien à la mesure de ce que j’ai espéré avec, en moins, les travaux d’écriture que je comptais mener de front avec, en plus, le lourd dépassement de notre Paul Voutaz. A ton passage, je te chargerai d’un message pour sa mère, parce que je n’ai pas encore compris et que je ne pouvais monter à Sion ni à Sierre, sauf par équivoque. Il m’en reste long à dire et vraiment je n’ai pas tout compris. Sur ce signal, j’ai vivement quitté le Valais pour la Savoie. Oui, tu connaîtras Paul Gay, Rey-Millet et aussi Charles-Albert Cingria que j’ai heureusement rencontré. […] Sartoris aussi, je l’ai revu avec bonheur. Et les Chappaz, et Fernand, et Borgeat, et les quatre de l’Abbaye. Mais comme Nino me manquait à Martigny. […] Toi, mon enfant Georges, nous t’attendons. […] Voilà, de la bonne et de la mauvaise graine à jeter en Mer du Nord, tu m’entends, Georges. Salut à Permeke pour l’aide qu’il te donne et la beauté que je comprends aussi à son œuvre, paysan de la mer, pêcheur des sommeils et des soleils d’eaux tendres. Passe voir Flouquet à Bruxelles qui me demande de tes nouvelles et bougonne, il faudra le saluer en toute amitié. Ecris-nous quand tu viens. […] Tu dois un peu te tromper sur Servaës. Amasse au moins ce que tu peux dire de Permeke. » 29 août. Lettre à sa mère de Westende-sur-mer. « ... demain 30 nous partons de Westende pour aller à Bruxelles... »

3 septembre. Lettre d’Edmond Humeau. « Mon enfant Georges, juste deux mots de commission puisque tu es encore à Bruxelles et que nous t’attendons dans les huit jours. » 10 septembre. Lettre à sa mère de Uccle-Bruxelles, chez M. Graeffe. « Enfin ! je reçois une réponse seulement aujourd’hui de Beau-Soleil. On m’attend entre le 15 et le 20 septembre. Je ne partirai de Bruxelles que le jeudi 12 […] Comme je m’arrêterai 2 ou 3 jours à Paris, je ne pense pas arriver à Lausanne avant le 17 ou le 18, peut être le 16 au soir. Je t’écrirai de Paris l’heure de mon arrivée. » 13 septembre. Lettre à sa mère de Paris. « ... j’arriverai mardi prochain 17 septembre à 17 heure 31 à Lausanne. Si tu n’es pas à la gare, je monterais au magasin. / J’ai reçu une réponse de Beau-Soleil comme tu le sais, je monterai à Villars le 19 septembre et resterai deux nuits à Lausanne. » 17 septembre. Arrivée à Lausanne. 19 septembre. Arrivée à Villars-sur-Ollon. 20 septembre (conjecture). Lettre à sa mère. « Chère Maman, / Me voici arrivé. J’ai énormèment [sic] de travail pour m’installer, aussi je t’écris très brièvement. Les patrons n’étaient pas là hier à mon arrivée et ils ne sont pas encore rentrés. Je joins l’autorisation d’importation pour mon tableau. Si vous voulez, vous pourrez me l’envoyer très fragilement. Ça ma coûté 2,65 en tout, heureusement. / Merci pour tout ce que tu as fait pour moi, chère Maman. Je t’embrasse. Amitiés à l’oncle Paul en le remerciant pour ses démarches pour mon tableau. / G. » 23 septembre. Lettre à sa mère de Villars-sur-Ollon. « Le patron dit que les gens se décideront à envoyer leurs gosses qu’après qu’ils auront su la tournure du conflit italo-britannique [qui aboutira notamment à l’invasion de l’Éthiopie par l’Italie]. / Ça va à peu près. Je m’y refais un peu à cette vie. / Avez-vous été chercher le tableau. Je me réjouis de l’avoir ici, mes murs sont un peu nus. »

2 octobre. Lettre à sa mère. « Merci pour le tableau. J’espère que la douane ils ne l’ont pas abîmé. Chez toi il est très bien soigné, j’en suis certain. Tu sais, j’y tiens énormément et me réjouis de l’avoir. » 11 octobre. Lettre à sa mère. « Je suis très bien remonté à Villars dimanche soir [06.10]. Monsieur Foc était à l’heure au rendez-vous. Mais pour partir il a été d’une lenteur, il semblait que je refaisais la route à pied. » 22 octobre. Lettre à sa mère. « Serais-tu malade ? As-tu reçu ma dernière lettre après l’envoie [sic] des merveilleux pantalons de ski ? Ecris-moi le plus tôt possible. »

6 novembre. Lettre à sa mère. « J’aimerais être dans un pays chaud. » 11 novembre. Lettre à sa mère. « Je te disais que je suis allé à Bex hier, c’est à dire samedi jusqu’au lundi matin, chez l’abbé Heimgartner. Comme il a une automobile, il m’a proposé de me reconduire en voiture ce matin jusqu’à Villars pour y arriver à 8 heures, heure de la classe. Mais voilà qu’il lui est arrivé un malheur c’est à dire que nous nous sommes trompés de route et avons essayé de prendre de raccourcis pour la rattraper mais sa petite Fiat n’a pas pu supporter les raidillons, elle a commencé à fumer et je crois que son moteur est grillé. Il m’a fallu alors remonté à pied [sic] et je suis donc arrivé en retard pour la classe mais le patron n’étant pas encore levé n’y a rien vu. Je suis navré pour le si bon abbé Heimgartner. / Hier dimanche avec la même machine, je suis allé à Thonon et nous avons goûté là-bas. » 26 novembre. Lettre à sa mère. « Tu m’as téléphoné à un mauvais moment car je n’étais pas seul au bureau. Si le patron n’avait pas pu entendre ce que je te disais, je t’aurais parlé autrement. Voilà, je t’écris rapidement pour te dire que, vraiment, je ne peux rien payer ce mois à St Maurice. J’ai une dette qu’il me faut liquider immédiatement, c’est la raison que tu m’auras vu si embarrassé au téléphone : Je ne voulais pas mettre le patron au courant de mes difficultés. Mais voilà, je ne veux pas qu’à St Maurice on te fasse des histoires, aussi je viens d’obtenir un rendez-vous avec le directeur Monsieur Monney afin de lui parler de cela et de bien vouloir attendre. »

1er décembre. Lettre à sa mère. « J’ai bien reçu ta lettre et t’en remercie beaucoup, mais je t’assure qu’il m’est impossible ce mois de verser quoi que ce soit. […] Je t’assure que ce n’est pas par mauvaise volonté. » 3 décembre. Lettre d’Edmond Humeau. « Mon cher enfant Georges, je suis bien tardif et n’aurai-je le temps que pour deux mots, encore aujourd’hui ? Tu nous parlais du brave Peiry, je ne voudrais point imiter ses absences surtout au moment où je te sais en difficulté avec tout. Mais t’écrire pour un simple laissez-passer, en sauf conduit, je ne me déciderai jamais à intervenir ainsi dans le drame que j’approche derrière le silence occupé. D’une force sans mystère, à peine possédée, ouverte, le silence tient cœur et bat le grand pays de nuit, le pays d’hommes que tu as rencontré. Notre solitude ne se ferme point d’un geste d’autorité ni de compassion, elle nous occupe, elle plie à sa lumière des ombres où passe la fatigue de l’enfance, où se jette la fleuve puissant des amis. Je ne t’invite point à la solitude ; celle-ci n’attend personne, poursuit son travail, gagne les présences, brise toute résistance et nous emplit de l’eau que tu entends l’air charrier et la terre refuser, parce qu’il faut qu’une crue inespérée écarte, le resplendissement des gouffres, l’illumination des solitudes. Ne lâche point prise, serre-toi sur la solitude, abandonne ce qui fuit, ferme les mains de la misère, pousse ta réserve au loin. La solitude envahit, l’eau monte, l’inondation exige le pays du silence. Et ne te soucie point du limon ni des cultures ni des roches que tu verras demain. Aujourd’hui, envahis avec les eaux ta solitude, accompagne de ta conscience la vie qui se change, songe que tu nourris du moment l’inconnu que tu es et que l’on bâtit des navires pour aller sur eaux. / Je t’écris peut-être sans t’atteindre, mon petit enfant Georges, que la solitude envahit d’inhumain, de terriblement inutile, du pénible et du désespéré. Bâtis ton œuvre vive, ton navire. L’eau nous gagne, l’inondation de Dieu avance et soulève les îles, écume la terre, coudoie le ciel, nous emporte comme les arbres et les ruines de pierre, va nous ouvrir le grand pays de nuit, le pays d’hommes que nous allons apprendre de toi. / Le mois s’avance aussi et je pense bien que Noël, par l’intercession de Claudel, s’approchera de nous. […] Nous nous verrons pour Noël. »

18 décembre. Lettre à sa mère. « C’est vraiment incroyable comme le temps passe vite. […] Les enfants partent samedi prochain 21 décembre. Ce n’est pas moi qui les conduirai à Paris, cette fois. Je le regrette évidemment, beaucoup. »

Vacances en Valais « un peu partout » selon lettre à sa mère du 14.01.36.

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