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«««     1937     »»»

±± Année des 23 ans, du secrétariat à la Guilde du Livre à Lausanne, d’un travail de cinq mois comme aide-éducateur en Valais, d’un travail court comme vendeur de livres chez Gibert au boulevard Saint-Michel à Paris, de la rencontre avec Paul Budry qui lui propose une recherche de manuscrits de jeunes auteurs pour la radio suisse romande, du début du préceptorat des enfants Olsommer à Veyras près de Sierre.

5 janvier. Lettre de Gustave Roud à GB (adressée à la « Pension Rossier /12, Maupas / Lausanne »). Nous mentionnons et citons ici quelques lettres de cette correspondance, commencée en décembre 1936. La publication de la correspondance complète Roud-Borgeaud préparée par Anne-Lise Delacrétaz et Claire Jaquier est assurée par Les Cahiers Gustave Roud (voir l’annonce sur le site de la parution de ce cahier). « Cher Monsieur / Samedi 9 – ou samedi 16, je compte descendre en ville et vous ferai signe à temps. Merci de vos lignes – qui m’ont amusé. Etait-ce à la Guilde ou à la Bibliothèque cantonale, ce cache-cache imprévu ? / Bien cordialement – » 20 janvier. Lettre à Gustave Roud. Conservée au Centre de Recherches sur les Lettres Romandes, à l’Université de Lausanne (CRLR), comme toutes les lettres à Gustave Roud mentionnées ou citées ici. Abondance d’adverbes chez le jeune écrivain impressionné par le destinataire de sa lettre. « Lausanne, 20 janvier 1937, / Cher Monsieur Roud, / Non, je n’ai pas été surpris de recevoir un télégramme, car je savais bien que vous en étiez l’expéditeur, puisque notre rencontre devait être le seul évènement, pour moi, qui puisse justifier l’emploi de ce moyen extrême. Je ne pouvais donc en être effrayé supersitieusement comme d’une mauvaise nouvelle – venant d’où ? – sinon ma déception de tarder encore notre rencontre ; puis je viens à me dire que je vais faire perdre votre temps, vous imposer une présence lourde et inutile. […] Pardon pour ce charabia et veuillez croire à ma profonde amitié dont j’essayerai de vous dire les raisons, mais, déjà, dans les choses que nous aimons. / Georges Borgeaud. / Pardon aussi pour le gribouillis ! J’aimerai bien être lent et opposition au ridicule exemple de l’homme d’affaire, mais je m’aperçois que les aiguilles de mon réveil se fixent irréparablement sur 2 heures et je dois lui donner raison. »

3 février. Lettre à Gustave Roud. Conservée au CRLR. « Voilà : je suis expédié momentanèment je crois de la Guilde, car là on n’a plus besoin de moi. A leurs bonnes raisons s’ajoute un cuisinage de bureaucratie que je ne trouve pas très franc et je m’aperçois qu’il n’y a pas de vérité, là non plus. C’est pour vous dire que je suis inquiet, sans famille (il n’y a pas d’amertume à le dire, je crois) libre d’une façon douloureuse. » 9 février. Lettre de Gustave Roud à GB à la « pension Rossier ». « Est-ce vraiment irrévocable, ce départ ? Ou s’agit-il peut-être seulement d’une suspension temporaire de votre collaboration ? Je voudrais espérer que ma seconde supposition est la bonne, puisque votre départ de La Guilde paraît pour vous un si grand problème. » 13 février. Lettre à Gustave Roud. Conservée au CRLR. « […] il faut que vous sachiez que peut être des amis de Paris m’ont trouvé en France un préceptorat de quelques mois, aussi il est possible que vous me voyiez partir assez prochainement, mais de cela je vous en reparlerai. »

15 mars. Lettre à sa mère des Diablerets (canton de Vaud), « chez Mlle Hubert, Winter Camp ». Il y commence un travail d'aide-éducateur. « Magnifique voyage et réception des plus gentilles. J’ai commencé ce matin mon petit travail qui n’a rien de particulièrement éreintant. […] Merci à toi d’être venue à l’Exposition ! » 30 mars. Entrée sur le territoire italien.

5 avril. Sortie du territoire italien. 14 avril. Lettre de Nino Rossa à GB. 19 avril. Lettre à sa mère des Diablerets. Petit mensonge afin d’éviter la justification de n’être pas allé lui rendre visite : « Mais vers le 1er avril, j’étais assez mal fichu, un gros rhume et une assez grande paresse m’a pris. » Et aussi : « Moi, je me plais énormèment et je crois que je plais aussi. Dans 10 jours, nous allons quitter les Diablerets pour monter à Champéry où nous nous installons pour l’été. Tu m’écriras là donc au “Summer Camp”chez Melle Hubert toujours. […] Melle Hubert est en pourparler pour acheter une voiture. Voulez-vous que je propose la Talbot, je crois qu’elle serait peut être assez d’accord de mettre ce prix (600 francs, je crois) Il faudrait donc que j’apprenne à conduire. Voulez-vous que je lui en parle ? »

3 mai. Lettre à sa mère des Diablerets. « ... tu dois avoir la petite plaquette de mon ami Meurant “la foudre me tient par la main”que je t’avais prêtée. […] Vendredi 7, de cette semaine, nous partons en voiture à Champéry où nous passerons l’été. » 7 mai. Début du séjour à Champéry (canton du Valais). 10 mai. Lettre à Gustave Roud de Champéry. Conservée au CRLR. 18 mai. Lettre à sa mère de Champéry. « Va donc voir “the green Pastures”au bourg, c’est un très bon film. / Je suis navré de savoir mes caisses de livres abandonnées chez mon ancienne patronne du Maupas 12, que faire ? » 27 mai. Lettre à sa mère de Champéry. C’est la première fois que Maurice Chappaz est nommé dans la correspondance à sa mère que nous conservons. « ... j’ai été assez pris ces jours, hier après midi par la visite de mon ami Maurice Chappaz, aujourd’hui par la Fête-Dieu auquelle il faut participer un peu pour être bien vu de la population de Champéry. »

5 juin. Lettre à sa mère de Champéry. « Toute la maisonnée est loin et suis tout seul avec les 2 enfants et la bonne. Melle Hubert restera 10 jours à Lausanne avec la jeune anglaise. […] Je suis tellement heureux d’être à la montagne que rien ne pourrait m’en faire descendre. » 18 juin. Lettre à sa mère de Champéry. « Voilà ce que j’ai laissé au Maupas 12, 1 grosse caisse de livres, 2 petits et une caisse en fer et peut être quelques tableaux. » 30 juin. Lettre à sa mère de Champéry. Première occurrence de Ramuz dans la correspondance à la mère. « J’ai failli aller à Genève hier mardi, mais le temps trop mauvais et le désagrément de ces courses excursions avec un sale populo, m’ont découragé à la dernière minute. Il est très probable que j’aille alors à Genf [Genève] au mois de juillet avec les 2 marmots, passer quelques jours chez de leurs connaissances. / Le peintre Perrin est venu me voir il y a quelques jours mais j’étais absent et malheureusement je l’ai manqué car il n’a pas pu attendre le retour de mon excursion au-dessus de Champéry.. / Le 27 juillet prochain, nous allons quelques amis et moi à Fully manger la raclette avec Ramuz qui a accepté l’invitation. Moi-même, je suis invité. Cela tombe avec mon anniversaire. »

11 juillet. Lettre de Edmond Humeau à GB au « Summer Camp » à Champéry. « Mon cher Georges, que de temps depuis ta dernière lettre avec la vie d’une Annie-Laure ayant déjà bientôt un mois de communauté avec nous, et c’est le seul temps vécu qui nous joigne. […] Si je m’excuse du retard à cette lettre, c’est que nous aurions grande envie de te voir dans quelques jours. A partir du 14 juillet, un lit sera libre au Plessis. » 16 juillet. Lettre à sa mère de Champéry. La mère de Paul Gavillet est morte après avoir été longtemps malade. « Comment Oncle Paul a-t-il reçu cette mauvaise nouvelle ; c’est bien triste pour lui, car il est au fond très affectueux. […] Ici, j’ai à présent beaucoup plus de travail mais pas désagréable : je fais les promenades avec les nombreux pensionnaires qui ont atteind le chiffre de 10. Et le matin, je donne quelques cours. Mais j’aime cette époque de vacances. » 24 juillet. Lettre à Gustave Roud de Champéry. Conservée au CRLR. 27 juillet. 23 ans. Raclette avec Ramuz ? 30 juillet. Lettre à sa mère de Champéry.

Mi-août. Fin du travail d’aide-éducateur à Champéry. 27 août. Carte postale à Gustave Roud du Pradet (département du Var, France). Conservée au CRLR. « ... j’ai accepté une vieille invitation qui était celle de venir ici chez une amie des arts, un peu trop ostensiblement peut être. Et que j’aime le pays d’ici : vous ne savez pas combien il est beau ! » Au recto, photo de la Pointe des Bonnettes et de la main de GB : « chez Mme de Mandrot. »

1 septembre. Lettre d’Edmond Humeau. « Il fallait bien s’attendre à cet éclat que depuis 1 mois tu pressentais, mon cher Georges, à travers des signes qui ne peuvent tromper sur l’esprit de ce monde. Une fois de plus, nous voilà à pied d’œuvre, presque sans puissance et décidés pourtant à ne pas réduire la part du mystère ni à céder sur l’essentiel de la vie. Je fais le poing avec toi en songeant que c’est toujours la stupide ingratitude et la sottise des puissants d’argent qui nous forment à ne point accepter leurs mesures. / Il s’agit uniquement du : comment vas-tu vivre ? En France, mêmes difficultés pour la carte de travail. Il est évidemment possible de s’en tirer dans les pensionnats catholiques où tu pourrais être surveillant et j’ai une offre en ce sens – Pensionnat St François de Sales, Evreux – mais j’ai l’impression que ce sera toujours le même tabac, les mêmes histoires et qu’il faudrait en venir à ce que je t’explique depuis 2 ans : un métier. Evidemment, c’est très dur. Avec la “Guilde” de Lausanne, tu commençais. J’aurais préféré un réel métier, comme celui de typo-linotypiste, puis metteur en page. D’un autre côté, je sais qu’existent les services du travail en Suisse, mais est-ce qu’on y apprend un métier “industriel” ? Une fois de plus, je ne crains pas de rabâcher : tu dois apprendre un métier, c’est absolument nécessaire pour trouver non seulement ce minimum de pain, de légumes et de fruits qui devient le pain et le vin d’une communauté, le poids précis d’une communion substantielle, mais encore une affirmation personnelle à travers des hommes, des objets ou des événements. J’ai un peu honte quand je songe à tout ce qui me manque, soit que j’aille vers les terres à culture soit que je me heurte aux cloisons cultivées d’une ville parlante, de t’exhorter au métier d’homme. Mais comme je t’aime mieux que mon expérience, j’en appelle à ce que tu veux être parmi les autres du monde vivant. / Tu peux toujours venir au Plessis, même en mon absence. Germaine […] ira à Dijon où je la retrouverai vers le 26 et nous rentrerions ensemble pour le 30 septembre. […] Je pars demain soir pour la Suisse, ayant écrit aux Voutaz et à Borgeat, mais sans réponse. On tâchera bien de s’arranger. Je vais essayer de voir Roud et Ramuz à Lausanne, vendredi, de m’arrêter à Saint-Maurice samedi et dimanche (ou à Martigny) pour arriver lundi à Sion. C’est que je voudrais écrire, j’ai depuis longtemps cessé toute poetry qu’il m’est venu un grand désir des poèmes. Ecris-moi en Valais, que je sois tenu au courant. » 4 septembre. Se trouve à Marseille. 5 septembre. Se trouve chez Edmond Humeau au Plessis-Robinson (en Ile-de-France). 20 septembre. Carte postale à sa mère de Paris. « ma chère, tu vas comprendre par cette carte que je n’ai plus de travail à Champéry après avoir eu trente mille difficultés avec ma patronne. […] Sais-tu qu’ici, à Paris, j’ai un petit travail qui me permet de rester encore 15 jours et qui va me permettre de payer mes frais chez mes amis : une librairie du boulevard St Michel, Gibert, demandait des vendeurs pour 15 jours, pour la bourrée de la rentrée des classes. Je me suis précipité sur l’occasion puisqu’on ne nous demande rien, sinon d’avoir fait un peu d’études. Je travaille avec 2 chinois, c’est très amusant. »

23 octobre. Lettre à sa mère de Sion, « chez Mme Voutaz / rue des Mayenets ». Première occurrence de Paul Budry. « A présent je suis à Sion où je gagne bien miniment ma vie : Mme Bouvin cherchait un jeune homme qui veuille bien s’occuper de son jeune fils [Maxy] car il est passablement en retard à l’école. Ceci me rapporte 3 francs par jour que je donne à Mme Voutaz pour ma chambre et ma pension et à côté de cela Monsieur Paul Budry de Lausanne m’a chargé d’un petit travail pour la radio qui me rapporte 50 francs par mois. Comme c’est une recherche de manuscrits de jeunes, peu importe le lieu que j’habite. […] J’espère surtout pouvoir trouver une situation en Valais et m’y installerai. J’ai été recommandé à l’usine de Chippis à un des directeurs. J’aimerai beaucoup que ces démarches donnent quelque chose. / Et toi, quand penses-tu pouvoir t’en aller de cet horrible magasin ? […] C’est affreux nos conditions d’existence à l’un comme à l’autre. »

4 novembre. Lettre à sa mère de Sion. « chez Mme Voutaz / rue des Mayenets ». 18 novembre. Lettre à sa mère de Sion. Le travail de préceptorat chez le peintre Charles-Clos Olsommer est trouvé. Il s’agit de la première piste concernant la rencontre de Georges Borgeaud et de S. Corinna Bille, fille d’Edmond Bille, peintre et ami d’Olsommer. (Une deuxième piste nous est indiquée par la correspondance publiée de Corinna Bille à ses parents – cf lettre du 26.02.38 de C. Bille – : c’est le travail pour l’émission radiophonique de Paul Budry.) « Ai trouvé à Sierre un préceptorat pour 1 année, chez un Monsieur Elsommer [sic, il s’agit en fait d’Olsommer] où je serai nourri, logé, blanchi et où je recevrai une quarantaine de francs d’argent de poches. Je ferai la navette chaque soir pour donner à Maxy Bouvin les leçons que je lui donnais jusqu’à maintenant. Ainsi les affaires s’arrangent à merveille. Je pense commencer lundi prochain. » 25 novembre. Lettre à sa mère de Sierre, « c/o Eugène Theler / route de Montana ». « Il m’a fallu m’installer à Sierre dans une très jolie chambre, mes intérêts étant plus grands à loger ici puisque j’ai un petit élève à Veyras-sur-Sierre et que le soir, depuis 4 heures, je puis gagner quelques sous chez un architecte en tapant à la machine quelques textes et lettres. Le travail durera jusqu’à l’automne prochain au moins. / Je voudrai que tu m’envoies mes caisses de livres en petite vitesse, enfin tout ce que tu as à moi chez toi. […] Si j’avais un peu d’argent je pourrai manger le soir, mais pour l’instant je n’ai que 1.30 franc en poche. Mme Voutaz et Bouvin m’ont donné du café, des confitures, du maggi, mais je n’ai ni assiettes, ni tasses, et aucune lampe à esprit de vin si bien que je fais ceinture le soir pour le manger, mais Madame Bouvin m’a recommandé à sa parenté et je suis invité à y aller le soir souper, seulement je n’ose pas. C’est une situation pareille à celle de l’année dernière à Lausanne, seulement elle ne va pas durer puisque je recevrai cet argent de l’architecte. / Quant à faire la navette chaque soir entre Sierre et Sion pour continuer mes leçons à Maxy Bouvin, cela ne valait pas la chandelle. » 29 novembre. Lettre à sa mère de Sierre. « ... vendredi prochain entre 6 et 7 heures du soir le beau-fils de mes patrons passera chez toi avec sa voiture pour y prendre mes affaires (livres) Donne-lui donc tout ce qu’il peut emporter, ça me ferait tant plaisir. Ainsi cela se passera sans frais. C’est mes patrons qui le veulent. Ils sont très bons avec moi. Je suis très heureux. / Je t’embrasse de tout cœur G. / Quand on est heureux comme je le suis maintenant on devient très affectueux, n’est-ce pas ? »

15 décembre. Carte de GB à sa mère, de Sierre, accompagnée par un dessin de Olsommer. GB s'occupe de l'enfant du peintre. 18 décembre. Lettre à sa mère de Sierre. « ... j’ai mes vacances de Noël que j’emploie à lire, à écrire et que j’aurais bien voulu passer dans la montagne à faire du ski. […] Je ne suis absolument pas malheureux. J’aimerais seulement une petite occupation régulière le soir pour faire mon argent de poche. Nous, avec des camarades anciens de St Maurice, essayons de dénicher quelques leçons. Nous y arriverons. En attendant Monsieur et Madame Olsommer me donnent souvent quelques sous. L’enfant est doux, affectueux, un vrai petit ami pour moi. […] Quand donc te verra-t-on en Valais car tu es bien une fille de ce pays, comme moi et je t’assure qu’il est beau. Je connais très peu de monde mais j’en suis heureux et passe mon temps libre à beaucoup de travaux que j’aime. […] J’aimerai beaucoup relire “mon expédition au Sud polaire”par Shakleton que vous m’avez offert et qui est chez toi.»

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