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«««     1968     »»»

±± Année des 54 ans, de la mort de Jean Paulhan.

5 janvier. Environ. Retour à Paris. 22 janvier. Lettre à Pierre-Olivier Walzer de Paris. « Peut-être irai-je à Berne ce printemps, mais si vous venez à Paris, mon chat et moi nous serons heureux de vous recevoir. »

14 mars. Départ pour Gand pour une conférence sur Pierre Jean Jouve. 18 mars. Retour à Paris. 30 mars. Lettre à sa mère du Grès de Calvignac. « Je pense venir en Suisse dans le courant du mois de juin. / Je suis ici dans la petite maison que l’on m’a prêtée pour achever un travail délicat, revue d’un manuscrit, que je n’aurais pas pu faire tranquillement à Paris [« Auberjonois et le Valais », paru la même année ; voir les Écrits sur l’art dans le chapitre Bibliographie]. »

17 avril. Carte postale à Gustave Roud du Grès. Conservée au CRLR.

Mai. “Événements” de mai à Paris.

31 juillet. Est à Calvignac.

5 août. Lettre dactylographiée à sa mère du Grès de Calvignac. « Me voici dans ma petite maison du Lot où je vais rester jusqu’au début septembre, date où je retournerai en Suisse, à Lausanne, invité que je suis par la Fondation Pro Helvetia à participer à un congrès d’écrivains. […] Je logerai dans un hôtel ; je ne sais pas exactement lequel car c’est la fondation qui nous invite. Jaccottet sera là aussi. Il vient de m’écrire dans ce sens. » Même jour. Lettre à Pierre-Olivier Walzer. « Ce petit mot pour te demander tout simplement ton avis à propos du Congrès de la Comes à Lausanne et ailleurs en Suisse. La section française à laquelle j’appartiens – ainsi qu’à celle de la Suisse – a envoyé des papiers nous déconseillant d’y participer à cause, je crois, de l’affaire Stanislavski et Daniel sous le prétexte qu’elle n’a pas été poursuivie, tout au moins dans une demande de libération auprès des Soviets, avec assez de zèle par Vigorelli. Moi ça m’amuserait assez d’être en Suisse l’invité de mon pays et de Pro Helvetia, avec la perspective de te voir, ainsi que d’autres amis. Un petit mot à ce sujet me botterait bien. Ton avis m’est précieux et de lui dépend ma réponse à Pro Helvetia. » 21 août. Invasion de la Tchécoslovaquie par l’armée soviétique. 30 août. Rentre à Paris.

2 septembre. Lettre à Pierre-Olivier Walzer de Paris. « Je dois te raconter mon aventure : j’avais donc décidé, après ta première lettre, de participer à l’Assemblée de la Comes. Tu m’avais rassuré, en même temps que laissé croire que ma présence te ferait plaisir. Bref, comme dit l’autre, j’avais engagé le processus qui était simple et compliqué à la fois. J’avais commandé à une agence de voyages de Paris le billet de chemin de fer Paris-Lausanne (et retour) pour le 1er septembre ; j’avais décidé de quitter Calvignac le vendredi 30, inquiet de n’avoir rien reçu de Pro Helvetia me disant, par exemple, à quel hôtel descendre à Lausanne et, surtout, si le projet était encore sur pieds. Ma foi, je cours le risque de venir quand même en Suisse. La veille, le 29 donc, je porte mes bagages en gare de Calvignac pour qu’ils m’accompagnent à Paris. Je ne garde avec moi que mon chat et ma machine à écrire. Le vendredi matin je quitte mon pigeonnier, les amis m’emmènent en voiture à la gare, je dis adieu à mes vacances, tout au moins au lieu de mon été, avec un peu de regret car mon intention avait été, avant que je connusse le projet Comes, d’y rester jusqu’à la mi-septembre... Nous croisons mes amis et moi la voiture du postier qui nous fait des signes (le postier) et me tend l’enveloppe de Pro Helvetia, ta lettre... Si je n’avais pas eu l’idée de faire enregistrer mes bagages la veille, je serais remonté dans mon nid... Il me fallut prendre le train de Paris où je suis cette fois-ci bien obligé de resté, ayant rendu mon billet pour la Suisse, car je ne vois pas la nécessité de faire des frais de voyage en ce moment. C’est peu de choses, bien sûr, en regard des évènements de Tchécoslovaquie et crois bien qu’il n’y a pas dans mes lignes l’ombre d’un reproche, peut être un peu d’étonnement d’avoir été mis si tard au courant de l’annulation de la réunion. / A ce propos, laisse moi te donneer une libre opinion : il aurait bien mieux valu discuter vivement en présence des soviétiques et de tous les autres des évènements. Cela aurait eu plus d’efficacité que ces sempiternelles gestes de protestation. Qui donc a su la Comes protestait ? Qui aurait ignoré qu’à Lausanne les intellectuels, enfin, (de tous les pays) avaient l’audace de s’affronter, d’autant plus que le thème de l’Assemblée était parfaitement et tragiquement d’actualité ? Mais les peuples et ceux qui les représentent dans la pensée composent toujours et si jamais nous avons la guerre avec le communisme, nous ne compterons plus nos “Münichs”. Tout cela n’est pas à la gloire de nos démocraties, de l’Europe. L’Europe a des complexes d’infériorité ; elle cherche un papa, un maman, tantôt croquemitaine tantôt papa-gâteau. Bref ! Je m’en fous puisque tout le monde s’en fout ; hors de l’encre, pas de salut, n’est-ce pas. La résistance Waterman, bleu-noir, bleu fixe, noir anthracite. / Moi je te garde toute mon amitié, ainsi qu’à Simone. J’aurais aimé voir Corinne en hôtesse. Existe-t-il un programme en français ? / Je le lirai en rêvant à ce que j’ai manqué. Je pense à la délicieuse promenade en bateau sur le lac, de quoi adoucir les mœurs intellectuelles ». Pas de signature. 10 septembre. Lettre dactylographiée à sa mère de Paris. « Je pense que tu auras appris que la réunion de la Comes, c’est à dire des Ecrivains Européens, n’a pas eu lieu à Lausanne, en signe de protestation contre les évènements de Tchécoslovaquie. Naturellement, j’ai renoncé ainsi à venir en Suisse. Je ne voulais pas faire ces frais sans raison précise. De toutes façons, il faut que j’y vienne au début octobre sans doute. Je dois rencontrer Zermatten à Sion pour un éventuel projet. Je t’en parlerai quand les choses seront un peu plus avancées. / J’ai donc quitté la petite maison du Lot il y a 10 jours, car j’avais pris mon billet de chemin de fer et je ne pouvais pas revenir en arrière. […] Hier, j’ai eu le grand privilège d’assister à la Conférence de presse du Génèral de Gaulle. J’étais au premier rang et la télévision m’a bien montré en compagnie du directeur anglais de Reuter : Harold King. J’ai été très impressionné par le grand homme qui était en face de moi. Je devrais dire que j’étais en face de lui. » 29 septembre. Arrivée en Suisse pour fêter la fermeture d’une exposition Dubuis. Croise Chappaz, Galland.

7 octobre. Rentre à Paris. 9 octobre. Mort de Jean Paulhan. 12 octobre. Lettre à Bertil Galland de Paris. « ... oui, j’ai eu grand plaisir à vous retrouver. Mon seul regret : celui de vous avoir présenté le visage de la fatigue. Le vin blanc et le fromage ne conviennent plus à mon estomac de parisien décadent... Et j’avais aussi d’autres raisons de lassitude mais elles sont d’ordre courant. »

Novembre. Broncho-pneumonie. 12 novembre. Achevé d’imprimer du livre de Maurice Chappaz Le Match Valais-Judée (aux Cahiers de la Renaissance Vaudoise, c’est-à-dire Bertil Galland) dont GB est dédicataire : « A deux Valaisans de Paris / Pierre Courthion et Georges Borgeaud / et à mes amis / Sylvie et Bertil Galland / et à un quatrième larron / Jacques Chessex ». 28 novembre. Lettre à Pierre-Olivier Walzer de Paris. « Je ne te donnerai pas tous les détails, mais je suis entré dans le délire, dans une curieuse zone d’ombre et de sueurs, au fond d’une tranchée au fond de laquelle roulait venant de tous côtés des billes de bois écorcées. Une nuit où l’on m’avait laissé seul je suis tombé du lit et la concierge vers minuit, passant par là, m’a relevé, changé de linge, bouchonné... que serait-il arrivé si elle n’avait eu l’inspiration d’aller voir ce célibataire qu’elle ne croyait que grippé. On n’est sauvé moralement par ses amis, physiquement par les passants. / Oui, j’ai su que tu avais passé avec Simone par Paris. C’est à cet instant que je me promenais du côté du Valais (et carrément dans le Valais) et le pays de Vaud. Que les mélèzes du Val Ferret était lumineux et plus beaux que les cheveux de Mélisande. J’ai des joies absolument à faire pleurer comme me faisaient pleurer des chagrins d’enfant. Mais c’est de bonheur. Je m’aperçois que rien n’a effacé en moi l’homo alpinus et que les fleurs de la haute montagne sont plus en moi que les palmiers d’Egypte que je n’ai d’ailleurs pas vus. / Bien sûr que ma joie de vous voir est à la proportion du chagrin que j’ai à vous manquer et je vous assure que ce n’est pas rien. […] Je rends surtout hommage à Paul Saudan chanoine, plutôt qu’à Viatte que j’ai connu hors de la scolarité. C’était deux magnifiques personnages. Je bafouille de reconnaissance à leur égard ».

18 décembre. Est à Paris. 28 décembre. Se trouve chez François Nourissier, dans le Gard. 30 décembre. Lettre à Gustave Roud. Conservée au CRLR.

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