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«««     1970     »»»

±± Année des 56 ans.

3 janvier. Lettre à sa mère de Paris. « Je t’embrasse bien tendrement et te dis à bientôt, vers le 7 ou huit février. » 7 janvier. Lettre à Pierre-Olivier Walzer de Paris. « J’ai l’occasion d’aller à Genève au cours du mois de février. Je devais faire une conférence-causerie aux étudiants, en décembre, et tout a été remis en février. […] J’ai lu avec beaucoup d’émotion la lucarne de Paul Cuttat. C’est un beau texte, riche et discret, bouleversant et qui m’a reporté à ce temps des Portes de France et de St Maurice. Je regrette un peu de ne plus voir, ni entendre Paul Cuttat. Si je l’osais, pour retrouver ce climat incomparable de l’amitié, je retournerais un jour à Porrentruy mais je crains que la ferveur n’y soit plus. » 20 janvier. Carte postale à sa mère d’Ostende. « Ma chère Maman, / un petit voyage d’affaires, c’est à dire visite de musées en Belgique pour un journal. »

31 mars
. Lettre à sa mère de Paris. « Comme je te l’ai promis, je te ferai un cadeau quand l’édition suisse du Préau m’aura été payée. […] Quant à moi, ma vie est de plus en plus casanière. Je sors très peu, je vois peu de gens et je travaille à un livre sur la peinture qui doit sortir cet automne. »

9 mai. Lettre à Bertil Galland. « Merci pour l’envoie des “Préau”, mais vous ne me dites pas si le volume a eu du succès. Je serais désolé s’il n’en avait pas eu assez. / Je vous envoie un hommage dans les jours qui viennent (je respecterai la date que vous me proposez) sur le peintre Charles CHINET. La nouvelle dont je vous ai parlé viendra après. »

4 juin. Séance de signatures du Préau à Lausanne au Centre d’Information et d’Arts graphiques. 12 juin. Délivrance d’un passeport à Paris. 16 juin. Lettre à Bertil Galland. « Mon bien cher Bertil, / Tout d’abord vous remercier pour votre amitié, pour vos multiples attentions, votre générosité, votre dévouement. Je suis plein d’admiration pour vos qualités. […] Voulez-vous toujours de mon hommage à Chinet ? Je crains d’être en retard mais je n’ai pas pu taper mon papier à la machine à écrire car je fus avec F. Nourissier et sa femme sur les routes suisses. Admirables routes, beau temps, amitié, ce fut merveilleux. Malheureusement, cela m’a éloigné de la machine à écrire. Mais l’article est prêt ; je n’ai qu’à le dactylographier. / Je pars demain pour ma petite maison du Lot où vous pourrez m’écrire. J’y serai durant plusieurs semaines, au moins deux mois. » 17 juin. Départ probable pour le Grès de Calvignac.

9 juillet. Lettre à Pierre-Olivier Walzer du Grès. « […] j’ai décidé de donner (à ma mort) ma bibliothèque, après un choix rigoureux, à la ville de Sion. Papiers ont été signés à cet effet. De plus ma modeste collection de peintures (certaines ont été vendues) ira au musée de Sion où trône déjà mon buste par G. Richier. / Je reviens de Suisse où j’ai passé 4 à cinq jours en la compagnie de François Nourissier et de sa femme. Nous avons fait un voyage dans le pays de Vaud, fribourgeois, presque bernois, enfin Bâle et Zürich. Nous avons manqué Berne, sinon nous serions allés vous voir. Je me suis soumis à la fantaisie “nourissière” et c’était pas si mal d’être initié à son propre pays par un étranger. […] Et ce mariage ? Je n’oublierai jamais le vôtre à Porrentruy et la pomme que vous m’avez offerte et que je n’ai pas croquée. / Georges B. / P.S. Sais-tu ce que sont devenues les affaires de Bataillard ? Je lui avais offert un Soutter ; je crains que la famille ait considéré, non sans raison, ce dessin fait par un fou. » 17 juillet. Lettre dactylographiée à sa mère du Grès. « Je suis venu ici tout de suite après mon séjour en Suisse et contrairement à ce que le journal que tu m’as envoyé – je te remercie – Nourissier, sa femme et moi, nous ne sommes pas du tout allés dans les Grisons. Eux, oui, moi pas car j’ai un travail urgent à finir pour un éditeur parisien, Fayard, un ouvrage que j’écris sur les peintres. Le journaliste a cru que j’accompagnais Nourissier car en réalité François m’a accompagné en voiture jusqu’à Bâle où j’ai pris mon train. C’était dans notre intention de faire un petit détour du côté de la Suisse alémanique où sa femme voulait connaître quelques galeries d’art où elle pourrait exposer. Mais ce crochet a été très rapide. Nous avons dormi à Soleure et le lendemain, j’étais à Bâle où nous sommes restés 4 heures pour y rencontrer le gendre de Marc Chagall. […] Quant à moi je ne suis resté à Paris que trois jours et je suis venu ici pour mieux travailler, ce qui serait le cas si je n’avais pas des ennuis assez sérieux de santé. C’est ainsi que mardi prochain je vais me faire enlever un polype que j’ai dans un endroit de ma personne assez intime puisque c’est le rectum. Ce n’est pas grave, mais il était temps de le faire, car cela pouvait tourner dans quelques années au cancer. Voilà donc des ennuis et des frais. Mais le médecin de Cahors est extrêmement bon et gentil à mon égard. Je crois qu’il me fera un prix, car je ne suis pas du tout assuré pour ces trucs. Il faudra que j’y songe. / Autrement il fait bon de vivre dans ce petit pigeonnier que tu connaitras un jour quand il sera un [peu] plus confortable. je vais y rester jusqu’au début septembre car il est évident que je suis moins dérangé ici qu’à Paris et qu’avec ma santé, la campagne m’est plus propice. / Cette pauvre Elsa Triolet est morte. Je l’ai bien connue chez Nourissier. Si j’avais été à Paris, je serais allé à son enterrement qui a été malheureusement une affaire du parti communiste. Ce n’était pas ce que j’aimais le plus en elle, car j’ai horreur des communistes, mais enfin la femme était charmante. » 28 juillet. Lettre à Pierre-Olivier Walzer du Grès. Remerciements pour l’envoi de la Pléiade Nouveau-Lautréamont.

14 août. Lettre à sa mère du Grès. « Ma bien chère Maman, / Ne t’inquiète plus. L’opération qui était bénigne a bien réussi. On m’a endormi le trou du cul, comme on dit, l’anus pour prendre les termes médicaux et avec des appareils contondants on m’a enlevé un polype (non cancéreux) qui s’était bien mal placé, dans l’espoir qu’on ne le dérangerait pas. Le médecin est un spécialiste de Cahors dont je me suis fait un ami. / Je travaille ici dans mon pigeonnier. La chaleur y est accablante mais ça me plaît assez. Il suffit de prendre toutes les précautions voulues, en fermant fenêtres et volets de manière à garder la fraîcheur, on [a] une température pas trop excessive. Je voudrais rentrer à Paris pour le début septembre, si tout va bien. / Merci, vraiment, de tes vœux. Je sais que la jeunesse s’en va, mais elle s’en va pour tout le monde. » 20 août. Lettre à Pierre-Olivier Walzer du Grès. « Sais-tu que j’ai presque terminé Maldoror, grâce à toi, qui m’a poussé de l’autre côté de la barrière. […] J’ai eu la visite du fils de Jaccottet, Antoine. C’est son père tout craché. Tu penses alors combien il est délicieux. »

22 octobre. Lettre à sa mère de Paris. « Ma bien chère Maman, / Sois tout à fait rassurée, ma santé s’est améliorée. J’ai vu, ici, à Paris mon médecin de Cahors, celui qui m’a opéré cet été. Tout est rétabli, hormis le porte-monnaie. / Je suis de retour d’un petit voyage en Belgique où m’ont envoyé les Nelles Littéraires dans lesquelles j’écris parfois. Il y faisait un temps superbe, mais là-bas aussi les rivières sont polluées et le pays bouleversé par les travaux publics. Notre monde de demain sera des auto-routes, du cinéma en plein-air. Brr... je ne lui appartiens guère. »

Sans date. Lettre à Yoki de Paris. « Bien cher Yoki, j’ai été très touché en reconnaissant ton écriture sur une enveloppe. Une écriture moins pleine de déliés et de pleins que dans ta jeunesse, car tu as cédé au crayon feutre. Pourquoi pas ? Ta calligraphie est superbe, celle d’un peintre. / Bien sûr que moi aussi j’ai été ravi de te retrouver. Tu fais partie de ce noyau d’amitié qui porte tout le germe du futur, du présent, du passé. Là sont les amitiés essentielles. / Ma foi, oui, j’accepte cette étonnante proposition. Outre la joie d’être avec toi et les tiens le jour de Noël, il demeure que Fribourg m’est cher au cœur et au souvenir. J’ai beaucoup d’attachement du côté de Lausanne où je n’irai donc pas. Mes rapports avec ma mère sont difficiles. Je les rendrais davantage si je me présentais à elle. Il vaut mieux donc ne pas rouvrir des plaies ou sortir des griffes. / Je vous embrasse tous et informe-moi. / Georges » Sans date. Lettre à Yoki. « Ça tient toujours ? La perspective de ce Noël en votre compagnie me rend heureux depuis le jour où tu me l’as proposée. J’ai mon billet. Par Genève où j’arriverai à Cointrin le matin et je prendrai le train, le plus vite possible, pour Fribourg. […] Ah, ceci d’essentiel : j’arriverai le 24 janvier [décembre] à Fribourg, dans l’après-midi. »

19 décembre. Lettre à sa mère de Paris. « Je t’annonce que je serai en Suisse à partir du 24 décembre, à Fribourg plus exactement. La télévision suisse m’a invité à participer à une émission en direct le jour de Noël. Le lendemain, je viendrai te voir à Lausanne. Nous irons au restaurant ensemble et je repartirai pour Paris le lendemain. » 22 décembre. Lettre à Pierre-Olivier Walzer de Paris. « Que je serais malheureux si vous pouviez penser, tous les deux, que mon silence est, pourrait être une brimade à cause de Bruxelles. J’ai, parfaitement, compris que vous étiez engagés dans des souterrains para-littéraires ou crypto-poétiques. Quant à moi, j’aurais dû être présent auprès de vous un jour avant. […] Oui, tu recevras POW mes lettres CAC. Ciao » 25 décembre. À Fribourg, chez Yoki, participe à une émission de télévision. Rencontre du Docteur Fasel, qui plus tard mettra à sa disposition un studio à Romont où GB fera plusieurs séjours.

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