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«««     1986     »»»

±± Année des 72 ans, de la publication en Suisse du Soleil sur Aubiac, de la mort de Marcel Arland.

15 janvier
. Lettre à Pierre-Olivier Walzer. « Depuis mon retour à Paris tout fut plus difficile qu’à la clinique quan[t] à la vie pratique, mais être chez moi me libérait de l’ennui et de l’isolement. Je suis revenu vers la fin novembre dans un appartement poussiéreux que la concierge n’avait point soigné, laissant une fenêtre ouverte, ce qui a valu à ma première nuit de me coucher avec quatre degrés de température, des douleurs à faire hurler, une difficulté à me lever d’un lit trop bas, le chagrin de n’avoir pas ma petite compagne à poils et siamoise, des soucis quant à mon alimentation et à ma convalescence car je ne marchais pas vaillament, malgré deux cannes employées. […] Mais après un mois ½ après tout, je vais beaucoup mieux sans que pourtant je me sente prêt à grimper sur le Cervin. Je circule dans mon quartier en m’apercevant que beaucoup de femmes et d’hommes qui sans doute ont mon âge – on n’y pense pas ! – boitillant, traînant la patte. On se salue comme de vieux complices. Je voudrais leur dire que c’est accidentel et non pas un signe de vieillesse, mais comment les aborder ? Puis est-ce si vrai que cela ? La potiche Borgeaud est fêlée définitivement. Des douleurs se mettent dans les os, les épaules, la nuque... On rigole, il faut rigoler. Je suis d’ailleurs décidé à me plaindre en pouffant de rire. / Enfin il y a les suites financières à mon aventure bien que la Sécurité sociale ait payé les 8/10 de la plaisanterie. Comme je suis bête ! Je n’ai jamais pensé que pouvait survenir sur mon petit destin une catastrophe (c’est un peu trop fort !) et j’ai négligé l’assurance vieillesse, peut être par susceptibilité que l’on pût me juger vieux... Bref, je suis, bien que diférent par la modestie de mes dons, aussi négligent que l’a été Ch-Albert. Nos romantismes sont ridicules. Je connais des écrivains infiniment plus malins que moi et je les en félicite. C’est curieux comme je n’arrive pas à me prendre, citoyen ou pas, au sérieux. / Bonnes nouvelles : je corrige les épreuves de mon bouquin Le Soleil sur Aubiac qui paraîtra chez 24 heures et Grasset en co-édition. Enfin ! C’est tout ce que je puis dire car la vie m’a maltraité. J’avais un roman que l’on va publier, bien entendu, que je reprends un peu mais qui a été bien légèrement jugé [Le Jour du printemps]. Je te sais indulgent aussi je ne te dirai, je ne vous dirai pas qui m’a sabré. / Quand venez-vous à Paris ? J’irai en Suisse sans doute à la fin mars mais dans quelles basses aventures verrons-nous la France, avant et après le vote. » 31 janvier. Lettre à Bertil Galland de Paris. « Bien cher Bertil, je crois que mes corrections sont nécessaires. Peut être pas toutes justifiées mais une fois encore je reconnais être incapable de donner un manuscrit convenable, lisible, sans trop de ratures. J’ai d[û] décourager la gallimarderie. Ne m’en veuille pas trop et merci. Tout est parti ce samedi à 11 h. si toutefois la poste fait diligence. / Je suis consterné que tu n’aies pas reçu ma lettre te remerciant pour les roses […] Cela me navre beaucoup de penser que ma correspondance puisse se perdre. Déjà une précédente fois, tu m’as dit n’avoir pas reçu un mot. Je crains qu’il n’y ait un voleur dans ta boîte aux lettres ou sous ton paillasson, façon de parler. Me croiras-tu ? Je n’aurais jamais laissé sans réponse tes vœux accompagnés d’un pareil présent. Surveille les gens autour de toi. / Enfin, n’oublie pas la dédicace du Soleil sur Aubiac : à B. G. j’y tiens absolument. / Je suis heureux que tu fasses avec Betty ces vagabondages impromptus. Je connais Charleville car j’ai vécu plus d’un moins à Blombay-Blombizieux qui est à dix Kms. de la capitale ardennaise. Ah ! Rimbaud. / Dis à Patrick que je cherche encore une chambre à louer à Paris, comme il me l’a demandé. »

10 avril. Dîner à la brasserie Lipp au 151, Bd Saint-Germain avec Pierre-Olivier Walzer. 27 avril. Copie de lettre à Jean-François Tiercy de Paris. « Sans vous mettre en cause, je suis dérouté, je dirai[s] même profondément déçu du comportement de la maison Lamunière. J’ai remis une correction d’épreuves pour le Soleil sur Aubiac il y aura bientôt trois mois, il est vrai fort changée mais on m’avait dit que je pouvais y apporter tous les changements... Depuis rien, rien, aucun renseignement sur la suite du projet. Je vous ai téléphoné deux fois en vous demandant de me rappeler car on m’a dit que vous étiez absent. Aucune suite à mes interrogations. Le livre devait paraître en mars, à la fin du mois. Je comprenais fort bien qu’il n’était pas possible d’honorer cette date mais tout de même le temps passe et toujours rien. »

11 juin
. Lettre de Bertil Galland de Vevey. « Ces lignes […] pour te dire que j’ai écrit à Fasquelle pour Le Soleil sur Aubiac. Je lui suggère la parution conjointe à Paris et ici pour la rentrée et le supplie de ne pas reporter au-delà. / Entre-temps je suis sorti de mon tunnel et travaille à la mise au point définitive, et selon tes conditions, du texte. »

Juillet
. Début du mois, lettre à Bertil Galland. Se plaint de ne rien savoir concernant Le Soleil sur Aubiac, bien qu’il ait encore envoyé une lettre. « Cette lettre est partie il y a un mois. Il ne lui a pas été répondu. C’est aberrant et pour moi humiliant. […] Bref, on me prend pour un touriste, un écrivain paresseux qui a trouvé un alibi pour faire patienter ceux qui attendent de lui un nouveau livre. Enfin, c’est dédaigner tout à fait ma situation que de ne pas saisir les occasions de faire parler d’un livre à travers l’estime que l’on porte à son auteur. J’ai besoin comme le monde d’un minimum de publicité, pourquoi ne pas le dire car je vis et vous devinez combien difficilement de mes pauvres écrits qui restent accrochés comme un chat crevé aux piles d’un pont éditorial. J’ajouterai que je n’ai jamais reçu de contrat pour mon Soleil sur Aubiac, si bien que je tiens du vent. / Voilà ma peine et ma révolte. Je les adresse à vous tout en sachant que vous n’y êtes pour rien mais si je regarde le dossier (néant) que j’ai sous les yeux, c’est vous seul de 24 heures qui avez eu à mon égard quelques attentions et, enfin, vos lettres sont tout ce que je tiens d’une entreprise pour l’instant tout à fait fictive. » 3 juillet. Lettre d’un agent d’assurances à Cahors. « Mon père et moi-même formulons à votre égard nos meilleurs vœux de prompte guérison par suite de votre accident.. / Afin de cesser les effets du contrat de votre VESPA, ci-joint un avenant de résiliation que vous voudrez bien signer et me retourner. » 5 juillet. Lettre de Bertil Galland en réponse la lettre de GB du début juillet. « Il était exclu que Le soleil sur Aubiac pût sortir à temps de presse dès lors qu’à fin février nous recevions non pas des corrections, mais une refonte considérable de l’ouvrage en de multiples pages. Aucun inconvénient. à ce stade, puisque je t’avais dit que je ferais accepter toutes tes retouches par 24 heures et que le livre en devenait meilleur. Mais il a fallu pratiquement tout recomposer. Tu es assez homme de l’imprimé et auteur d’expérience pour en avoir conscience. […] Une déception, J’ai écrit à Fasquelle non pas pour lui demander, mais pour le supplier, par égard pour ta légitime impatience, que le livre sorte cet automne. Sa réponse a été catégorique : pas avant le printemps 87. […] De mon côté, j’ai fait accepter par les Editions 24 heures de poursuivre malgré tout la fabrication du Soleil, pour que le livre, durant cet été, soit amené jusqu’au stade du bon à tirer. En septembre, je soumettrai à Fasquelle l’ouvrage quasiment achevé, avec couverture, texte définitif mis en page, illustrations en place – je dois ces égards au co-éditeur – et je lui demanderai qu’il nous autorise à sortir le livre cet automne déjà pour le marché suisse. A moins que tu préfères toi-même une parution simultanée en France et en Suisse, en février par exemple. » Le livre sortira fin 1986 en Suisse et début 1987 en France. 11 juillet. Lettre de Bertil Galland de Vevey. Diverses questions de mise en page du Soleil sur Aubiac. « Sais-tu qu’avec ma dernière relecture […] j’en suis à mon troisième parcours minutieux, attentif à l’extrême et émerveillé du Soleil sur Aubiac ? / Que les péripéties ne te fassent pas oublier que ce livre m’enchante, et qu’une lecture de plus approfondit encore mon admiration, ma certitude qu’il s’agit d’une grande œuvre de la maturité, pleine de finesses, d’humour et carrément de drôleries sous le chant en mineur […] » 25 juillet. Lettre de Bertil Galland de Vevey. « Ces lignes pour te dire que j’ai bien reçu ta lettre d’Avignon. […] Une question à […] propos [de la couverture du Soleil sur Aubiac] : faudrait-il ajouter, comme les Français l’apprécient, eux qui sont attachés aux genres, la mention / Récit / ? / C’en est un, en somme. Outre que tu as écrit là une méditation lyrique, doublée d’une chronique. » 27 juillet : 72 ans. 31 juillet. Carnet : « Ce 31 juillet 1986, voyage de Valence à la Grande Chartreuse ».

16 août. Lettre à Pierre-Olivier Walzer du Grès, Calvignac. « Mon cher P.O., / Tout d’abord, ce petit éclaircissement : je suis, en effet, venu à Lausanne en voiture de Paris pour signer avec mon peintre Boncompain le volume à lui consacré. Ce fut un aller et retour rapide, avec un crochet par Annecy. J’étais le poisson-pilote d’un valentinois venu se faire consacrer en partie en Suisse. A cela s’ajoutait l’anniversaire d’Honoré que justement nous avons fêté en Savoie où nous avons rejoint amis et amateurs. […] J’ai ressenti une grande peine en apprenant la mort de Bella [la chienne de Pierre-Olivier Walzer]. J’en arrive à avoir plus que des sentiments absolus que pour quelques amis, toi et Simone, et quelques animaux que je rencontre dans la vie, chez mes amis ou que j’ai adoptés comme mes chats qui meurent tous trop tôt. Donc, je comprends votre chagrin et approuve votre acte d’avoir aussitôt pris un autre animal Bolay, comme je l’ai fait moi-même en prenant un autre chat. Giraudoux prétendait que l’homme ne doit jamais se passer de la présence d’un animal. / Quel été ! Vous avez, peut être, appris que j’ai “adapté” sur les directives de Michel[le] Marquais le don Carlos de Schiller dont les premières se sont données à Avignon où je suis allé passer une semaine. Michel[le] Marquais qui a mis en scène la pièce a été éreinté[e], non sans raison, par la presse et moi au contraire épargné pour mon texte, parfois même félicité avec insistance dans la presse de... gauche : Monde et Nouvel observateur. Cette pièce, enfin, se donnera plus d’un mois au théâtre de la Ville à Paris, à partir du 15 octobre à la fin novembre […]. Je vous raconterai les péripéties de cette aventure qui me vaut de sortir de l’ombre où m’ont plongé les avatars Galland et Grasset. Mon nom est sur affiche et dans les couloirs du métro. L’enfant en moi qui aime aussi, parfois, les tartines beurrées s’en enchante un peu et je ne crains pas de le dire. […] Quant au Cingria, je le compose non plus pour Fribourg mais pour les éditions de la Manufacture qui elles paient. Ma pauvreté ne me permet pas de faire des dons aux riches. / Enfin, j’ai passé 4 semaines dans quelques beaux lieux de Provence, chez des amis à Cotignac, Graveson, Avignon bien entendu, Valence, Grenoble qui n’est déjà plus sous le même soleil. Ce fut épatant mais en même temps accablant à cause d’un été incendiaire. Des amis m’ont amené ici où je vais rester quelques semaines, jusqu’au 15 septembre. Comme je n’ai plus de moyen de locomotion, je dépends pour le ravitaillement de voisins qui me prennent dans leur camionnette ou d’amis de passage. C’est périlleux ! Je risque d’avoir à demander au seigneur d’envoyer un corbeau pour me nourrir. / Je tiens à ta disposition la photo de Cendrars, si elle te fait envie pour l’Exposition. / Enfin, je suis content que Jean Bernard que je connais un peu ait les mêmes réserves sur ton travail, plus exactement sur les révèlations de la vie privée de P. V., [Paul Valéry] certes intéressantes mais dont on te fera le grief de les avoir répandues. Ta réputation ne peut pas se permettre d’avoir un rôle contestable. » 19 août. Lettre des éditions 24 heures annonçant une avance sur les droits d’auteurs. 25 août. Lettre des éditions 24 heures qui lui envoient, à Calvignac, le projet de couverture. 28 août. Encore à Calvignac.

8 octobre. Lettre de Paris à Jean et Christiane de Lavallaz. « Oui, vous avez bien raison d’éviter de venir à Paris où, cependant, les bombes ces jours-ci sont désamorcées mais si le pire n’est pas toujours sûr, l’absurde est insaisissable. (…) J’ai répondu à V. Berclaz (…) à l’invitation de venir à Sierre le 31 octobre et le premier novembre. (…) Demain, jeudi 9, j’assisterai à la répétition pour la presse de mon don Carlos d’après Schiller, qui fut si mauvais à Avignon. B. Fresson est à l’hôpital, Marthe Keller nous a quittés… (…) J’ai à nouveau un chat de 5 mois que j’appelle donc Carlos. »

28 novembre
. Achevé d’imprimer du Soleil sur Aubiac aux éditions 24 heures.

4 décembre
. Lettre à Pierre-Olivier Walzer de Paris, sur carte postale double avec photo de Marcel Imsand. « Mon cher Pierrot, ce fut de très bons moments ensemble, avec Simone et toi. […] Je serai à Lausanne vendredi 12 (la veille au soir déjà !) pour signer chez Payot mon livre : le soleil sur aubiac, enfin. Peut être descendrez-vous vers le lac. De toutes façons, tu recevras un exemplaire. / Enfin, enfin, je vais exister une fois de plus. / Je vous embrasse G. »

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