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Sur l’homme

« Déjeuner, hier, à l’ambassade de Suisse, en l’honneur de Borgeaud, simple, modeste, charmant écrivain. » Paul Morand, le 17 décembre 1974, in Journal inutile (tome II), Paris, Gallimard, 2001, p. 392.

« Qu’on ne dise pas : Georges Borgeaud et l’enfance. Il n’est pathétiquement que cela. Avec tout ce que cela présuppose d’expériences globales, d’intuition, de cruauté. [...] Il est des êtres, des choses qui comme le plain-chant, Glenn Gould, n’auraient pas besoin de mourir tant ils ont déjà passé la porte. Borgeaud est de ceux-là. C’est pourquoi il nous était si nécessaire. » Madeleine Santschi, dans Le Passe-Muraille n° 40, mars 1999.

« Il y a en lui du Charles-Albert Cingria. Comme lui, Georges est un homme de conversation, il dit exactement et vigoureusement, il est rapide, savoureux, juste et injuste à souhait, il encense, il écharpe, il s’exclame, il s’avoue, il se plaint, maintenant il fouaille et se blesse aux larmes – mais comme chez le Neveu de Rameau, la grimace s’accomplira dans un regard clair. »
Jacques Chessex, Les Saintes écritures, 1972.

« Un écrivain, un vrai, sans nègre, sans compte en dollars ni conférences de presse, cela ne vaut-il pas le détour, et une petite halte ? »
François Nourissier, plaquette de présentation du Centre Culturel Suisse pour la rencontre du 04.02.88.

« Comme le citoyen de Genève, Georges Borgeaud a le cœur sensible, pourtant il n’aime guère ce frère de race qu’il a même été jusqu’à traiter récemment de “courtisan”. On pourrait se poser des questions, se demander si le délicieux Borgeaud n’est pas, en dernier ressort, un vague anarchiste de droite, comme Charles-Albert Cingria. »
Eric Lestreint, in La Revue universelle, novembre-décembre 74.

« Borgeaud est l’homme le plus discret du monde et le moins fait pour les honneurs. »
François Nourissier, préface au Préau, 1982.

« le seul volcan en activité de la confédération helvétique »

Pierre Boncompain, dédicace inédite, mai 1994.

« Borgeaud n’invente rien : il se livre »
Maurice Zermatten

« Quant à Georges Borgeaud [en 1942], surtout n’allez pas l’imaginer sous les traits d’un capucin gourmand, replet et bon vivant, au cheveu rare, au verbe haut, coloré et intarissable que vous lui voyez aujourd’hui sur les diverses scènes ou dans les diverses productions filmées où l’amènent les trompettes de sa renommée. Non, le futur romancier du Voyage à l’étranger était alors un petit jeune homme frileux, à la tignasse ébouriffée, plutôt timide en société, et franchement maigrelet. [...] Comme je suis content de t’avoir connu alors [...] que tu n’étais qu’un petit jeune homme maigre, un peu affolé par l’existence, avare en entreprise mais industrieux en esprit, à l’heure où tu commençais de discerner en toi-même les voies et les moyens qui allaient permettre à ta sensibilité follement délicate de donner leur ton aux œuvres dont tu rêvais et qui devaient être, par leurs résonances, leur rareté et leur poésie, à la fois ta justification, ta récompense et ta raison d’être. »  Pierre-Olivier Walzer, « Borgeaud avant Borgeaud », in Ecriture n° 44, 1994.

« Son immense tendresse pour les plantes et les animaux, son humour, son besoin d’être aimé et compris, son mépris pour les styles amphigouriques et les gens prétentieux. »
André Durussel, Espaces n° 220, Janvier-Février 1999.

 

Sur l’œuvre

« Georges Borgeaud n'est pas un intellectuel, ses livres ne pensent pas, ne prétendent rien, et personne en Suisse romande n'est moins lié que lui au mouvement des idées et des morales. Il voit, il s'enchante, il loue. C'est le coup de foudre. Il aime ou il déteste avec fureur. Sa verve se déclenche, sa véhémence se déchaîne. A tort ou à raison, cela importe peu, c'est le ton qui fait la chanson et Georges en a, du ton, et de la chanson haute et tenue ! » Jacques Chessex, « Georges Borgeaud - L'intelligence du cœur », in 24 Heures, 20 juillet 1972.

« … une langue simple, souvent harmonieuse, qui çà et là ne va pas sans défaillances, mais qui s’affirme à mesure que le récit progresse ; et surtout, au cœur de ce récit, dans ce grain de la vie qu’il sait nous restituer, je ne sais quoi de meurtri et d’émerveillé tout ensemble, où je crois sentir la marque essentielle de Georges Borgeaud. »
Marcel Arland, La Gazette de Lausanne, 24/25.05.52, à propos du Préau.

« Ce Voyage à l’étranger est aussi un voyage de l’auteur à l’intérieur de lui-même, d’une époque à une autre de son existence, un récit coupé de digressions, d’allers et de retours, de moments anciens dérivant vers les impressions d’enfance, naturellement associés aux événements actuels, à un regard ironique et présent. Georges Borgeaud tient à cette unité d’une vie, à ce va-et-vient entre hier et aujourd’hui, pour y déceler les hasards, les faiblesses ou les lacunes, les oublis et les chances dont se tisse un destin malgré vous. »
Georges Anex, in Le Journal de Genève, 23.11.74.

« Exaltation et rémission, vertige et amertume sont les pôles de ce livre, tout comme ses deux mouvements alternés sont le largo de l’apprentissage de la joie et l’andante de la mémoire. »
François Nourissier, préface au Préau, 1982.

« Lire Borgeaud, c’est être assuré de renaître à la vie avec certitude et entrain, car si le monde est là, à portée de nos yeux, le vrai mérite de cet écrivain est de nous apprendre à le regarder pour mieux savourer le bonheur d’exister. »
Christine Arquembourg, Histoire de la littérature en Suisse romande publiée sous la direction de Roger Francillon, p. 368.

« Les images et les mots déferlent lentement tandis que la phrase si limpide et si naturelle de Borgeaud nous convie à faire ce voyage à l’étranger. »
Eric Lestreint, La Revue universelle, novembre-décembre 74.

« On observera que la voiture est toujours, dans les romans de Borgeaud, un lieu de méditation. Elle est un spectacle. Elle montre autant sa carrosserie que son intérieur, et du même coup ses occupants. Le spectacle du monde qui défile autour de la voiture, les villes, les routes et les gens, a moins d’importance que le spectacle du véhicule offert aux regards de l’extérieur. » Frédéric Wandelère, « Dîners et cachettes », in Ecriture n° 44, 1994.

« C’est dans Le Préau qu’on trouvera ce qui est peut-être la plus belle illustration du retrait poétique ouvert sur le spectacle de la vie. C’est l’épisode de la longue-vue du colonel Beausire à Auboranges (pp. 144 ss.). Le jeune narrateur installé dans un pavillon observe à la longue-vue les montagnes qui font face au Léman, les sentiers et les routes, les vagues du lac, les bateaux, les plantes et les pierres. Ici encore, le monde se donne à voir par “une petite ouverture”, celle de la longue-vue cette fois. » Frédéric Wandelère, « Dîners et cachettes », in Ecriture n° 44, 1994.